miércoles, 10 de agosto de 2016

El que lee mucho y anda mucho, ve mucho y sabe mucho (Miguel de Cervantes)

HE THAT TRAVELS FAR, KNOWS MUCH

El que lee mucho y anda mucho, ve mucho y sabe mucho (Don Quijote)
Nuestro autor fue un viajero vocacional y se quedó con las ganas de ir a las Indias común refugio de los pobres generosos8. Pero anduvo lo suyo: conocía Italia, Portugal, Barcelona y Andalucía y su aventura militar y su cautiverio le llevaron también a tierra de infieles. En el Persiles se ve con claridad la mente viajera de Cervantes, su gusto por lo exótico, su curiosidad geográfica y las paradójicas ganas de llegar a sentir los deseos de volver que siempre están en el corazón del verdadero viajero. El viaje tiene efectos muy semejantes a la lectura pues el que lee mucho y anda mucho, ve mucho y sabe mucho9” y “Las luengas peregrinaciones hacen a los hombres discretos10”.


El viaje es un tema muy cervantino, el viaje como metáfora del conocimiento, del aprendizaje de lo que el mundo ofrece y de puesta a prueba de nuestro temple. Viajar es una manera muy natural de alcanzar conocimiento. Ahora viajar puede parecernos algo trivial, pero para Cervantes era una experiencia decisiva, la del desarraigo, la de la aventura, el estar de más y saberse fuera de la protección del hogar y de la patria. Viajar y leer fueron las ocupaciones preferidas de Cervantes cuando estuvo libre de tenerlas. A través de su obra tenemos la certeza de que estamos leyendo a un lector casi compulsivo, a un hombre curioso y enterado a alguien, sobre todo, que no sólo sabe lo suyo sino que se siente irresistiblemente atraído por lo que saben y dicen los demás. Sus lecturas fueron muy variadas, seguramente todo lo variadas que podían ser y, de largo, infinitamente más amplias que las de un hombre común. Libros de todo tipo, historia, geografía, filosofía natural, lógica, teología, han sido fuente para su inspiración, para ese pensar y discurrir por cuenta propia que es tan característico de Cervantes y de sus personajes señeros. 


8 Novelas ejemplares, La española inglesa. 
9 Quijote, II, 25.
10 Novelas ejemplares, Licenciado Vidriera. 

http://digital.csic.es/bitstream/10261/9590/1/Mirándonos%20en%20el%20claro%20espejo%20de%20Cervantes.pdf

sábado, 30 de julio de 2016

La marche nettoie la cervelle et rend gai (Samivel)

À l'occasion de la création du Parc National de la Vanoise en 1963, Samivel, peintre et poète montagnard de renom établissait les "commandements" de la Vanoise ... :
"Le Parc National protège contre l'ignorance et le vandalisme
des biens et des beautés qui appartiennent à tous.
Les défenseurs de la vie sont les amis du Parc National,
les amis du progrès et de la paix sont les amis du Parc National,
les sportifs, les artistes et les savants sont les amis du Parc National.

Voici l'espace. Voici l'air pur. Voici le silence.
Le royaume des aurores intactes et des bêtes naïves
Tout ce qui vous manque dans les villes
est ici préservé pour votre joie.
Eaux libres : hommes libres
Ici commence le pays de la liberté,
la liberté de se bien conduire.

Les inconscients ne respectent pas la nature.
Ils croient se grandir en la poluant
et ne savent pas qu’elle se venge.
Puisez dans le trésor des hauteurs
mais qu’il brille après vous pour tous les autres.
La faiblesse a peur des grands espaces.
La sottise a peur du silence.
Ouvrez vos yeux et vos oreilles. Fermez vos transistors.
Pas de bruit, pas de cris, pas de moteurs, pas de klaxons.
Ecoutez les musiques de la montagne.
Les vraies merveilles ne coûtent pas un centime.La marche nettoie la cervelle et rend gai.
Enterrez vos soucis, et vos boîtes de conserve.
Un visiteur intelligent ne laisse aucune trace de son passage,
ni inscriptions, ni destructions, ni désordre, ni déchets.
Les papiers gras sont les cartes de visites des mufles.
Récoltez de beaux souvenirs mais ne cueillez pas les fleurs.
N’arrachez surtout pas les plantes, il pousserait des pierres.
Il faut beaucoup de brins d’herbes pour tisser un homme.
Ravageur de forêt : mauvais citoyen.

Qui détruit le nid, vide le ciel, rend la terre stérile
Ennemi des bêtes: ennemi de la vie, ennemi de l’avenir.
Oiseaux, marmottes, hermines, chamois, bouquetins
et tout le petit peuple de poil et de plume,
ont besoin désormais de votre amitié pour survivre.
Déclarez la paix aux animaux timides,
ne les troublez pas dans leurs affaires,
afin que les printemps futurs
réjouissent encore vos enfants.
Défense ici de chasser, sauf aux images.

N’allumez pas de feux au hasard, ne campez pas n’importe où,
certains gestes irréfléchis peuvent tout compromettre.
Le Parc National c’est le grand jardin des français
et c’est aussi votre héritage personnel.
Acceptez consciemment et de bon coeur,
ses disciplines et gardez-le vous-même
contre le vandalisme et l’ignorance.”
Samivel ( 1907-1992)

sábado, 23 de julio de 2016

Enséñame, Señor, tus caminos

Son tantos los lugares recorridos
y tantos los sueños tenidos
creyendo y afirmando
que no hay más caminos
que aquellos que marca el caminante,
que hoy mi palabra duda y teme alzarse.

Pero desde este lugar en que me encuentro,
a veces sin rumbo y perdido,
a veces cansado y roto,
a veces triste y desilusionado,
a veces como al inicio,
te susurro y suplico:

Enséñame, Señor, tus caminos;
tus caminos verdaderos,
tus caminos desvelados y ofrecidos,
seguros, limpios y fraternos,
tus caminos de gracia, brisa y vida,
tus caminos más queridos,
tus caminos de "obligado cumplimiento",
tus caminos a contracorriente
de lo que que más propaganda ofrece,
que se recorren en compañía
y nos dejan a la puerta de tu casa solariega.

Llévame por tus avenidas de paz y justicia,
por tus rotondas solidarias y humanas,
por tus autopistas de libertad y dignidad,
por tus cañadas de austeridad y pobreza,
por tus sendas de utopía y novedad,
y si es preciso, campo a través siguiendo tus huellas
y por la calle real de la compasión y misericordia.

Y que al llegar a la puerta de casa solariega
pueda lavarme y descansar en el umbral, oír tu voz que me llama, y entrar
para comer y beber contigo
y sentirme hijo y hermano en el banquete
preparado por ti y tus amigos.

Y, después, salir,
con energía y esperanza redobladas
a preparar tus caminos.

Escrito por Florentino Ulibarri Fernández
http://www.feadulta.com/es/buscadoravanzado/item/7072-ensename-senor-tus-caminos.html

martes, 5 de abril de 2016

La randonnée dans la nature peut modifier notre cerveau

« La paix de la nature va s’infiltrer en vous comme les rayons du soleil pénètrent les arbres. Le vent va vous insuffler sa fraîcheur, et les orages leur énergie, en même temps que les soucis tomberont comme les feuilles d’automne », a écrit John Muir dans Our National ParksDe toute évidence, John Muir comprenait la valeur fondamentale de passer du temps dans la nature.

Comme John Muir, nous sommes nombreux à reconnaître que randonner dans la nature est bon pour le corps, l’esprit et l’âme. Marcher dans les bois tout en observant les oiseaux et les feuillages colorés, en humant l’arôme des épicéas et des pins, et en écoutant le murmure apaisant d’un cours d’eau, tout cela dégage notre esprit et nous nous sentons bien. Heureusement, les médecins sont d’accord. Les études successives montrent que passer du temps à randonner dans la nature procure de multiples avantages pour la santé mentale.
Ceux qui ruminent ou se concentrent sur trop de pensées négatives sur eux-mêmes peuvent présenter de l’anxiété, la dépression et d’autres problèmes tels que des crises de boulimie ou un trouble de stress post-traumatique. Dans une étude récente, les chercheurs ont voulu savoir si passer du temps dans la nature affecte la rumination et ils ont constaté qu’une excursion dans la nature diminue ces pensées négatives obsessionnelles.


Dans cette étude, les chercheurs ont comparé la rumination signalée par des participants qui ont fait une randonnée dans un environnement urbain ou dans la nature.  Ils ont trouvé que ceux qui avaient marché pendant 90 minutes dans la nature, un environnement de prairies près de l’Université de Stanford, ont signalé moins de rumination et avaient également réduit l’activité neuronale dans le cortex préfrontal subgenual, qui est associée à la maladie mentale. Ceux qui avaient marché dans un environnement urbain n’avaient pas éprouvé les mêmes bienfaits.
Ces chercheurs expliquent que notre monde devient de plus en plus urbain et que l’urbanisation est liée à la dépression et d’autres formes de maladie mentale. Visiblement, nous éloigner d’un environnement urbain et passer du temps à l’extérieur où il y a moins de stress mental, moins de bruit et moins de distractions peuvent être bénéfiques pour notre santé mentale.
Selon une étude de Ruth Ann Atchley et David L. Strayer, la résolution créative de problèmes peut être améliorée en se déconnectant de la technologie et en renouant avec la nature. Dans cette étude, les participants ont randonné dans la nature pendant environ quatre jours et ils n’étaient pas autorisés à utiliser la technologie. On leur a demandé d’effectuer des tâches exigeant de la créativité et la résolution de problèmes complexes. Ils ont constaté que les participants immergés dans la nature avaient des performances accrues de 50 % dans les tâches de résolution de problèmes.


Les chercheurs indiquent que la technologie et le bruit des zones urbaines accapare sans cesse notre attention et nous empêche de nous concentrer, ce qui affecte nos fonctions cognitives. C’est pourquoi lorsque nous nous sentons submergés par les contraintes de la vie urbaine et les connexions 24 /7, les balades dans la nature peuvent être une puissante médecine.  Elles réduisent notre fatigue mentale, apaisent notre esprit et nous aident à penser de façon créative.
Nous avons tous entendu l’expression un esprit sain dans un corps sain. La randonnée dans la nature est une excellente forme d’exercice et cela peut brûler entre 400 et 700 calories en une heure, selon la difficulté de la marche. L’avantage supplémentaire est que la randonnée n’est pas aussi contraignante pour nos articulations que d’autres formes d’exercice comme la course. De plus, il est avéré que ceux qui font de l’exercice à l’extérieur sont plus susceptibles de se tenir à leurs programmes d’exercice, ce qui rend la randonnée un excellent choix pour ceux qui envisagent d’intégrer l’exercice dans leur vie quotidienne.
L’esprit et le corps sont naturellement reliés. L’exercice aide à maintenir les cellules de notre cerveau nourries et en bonne santé. En fait, selon les chercheurs de l’Université de Colombie Britannique, l’exercice en plein-air peut même améliorer la mémoire et les capacités cognitives. Dans l’étude, ils ont trouvé que l’exercice en plein air augmente le volume de l’hippocampe chez les femmes âgées. L’hippocampe est une partie du cerveau associée à la mémoire spatiale et épisodique.
Non seulement l’exercice améliore la capacité cognitive et peut prévenir son déclin, comme montré dans l’étude, mais il peut également réduire le stress et l’anxiété, stimuler l’estime de soi, et libérer des endorphines (les hormones du bien-être). Il est étonnant qu’une activité physique aussi simple et bon marché que la randonnée puisse procurer tant de bienfaits pour la santé mentale.
Est-ce que votre médecin vous a déjà dit de « faire une randonnée » ? Ce n’est pas une phrase que nous voulons spécialement entendre, surtout de la part de notre médecin, mais ils ont en fait notre bien-être à l’esprit. Les médecins progressistes sont maintenant conscients que les gens qui passent du temps dans la nature souffrent moins de stress et jouissent d’une meilleure santé physique.
Selon WebMD, de plus en plus de médecins écrivent « des ordonnances de nature » ou recommandent « l’écothérapie » pour réduire l’anxiété, améliorer les niveaux de stress et pour lutter contre la dépression. De plus, les prescriptions de nature deviennent mieux acceptées par les fournisseurs traditionnels de santé car de plus en plus de recherches montrent les bienfaits de l’exercice et du temps passé dans la nature.
L’Etat de Californie est traditionnellement l’un des Etats les plus progressistes dans le domaine de la santé alternative. A titre d’exemple, l’Institute at the Golden Gate a mené un combat pour promouvoir l’écothérapie grâce à son initiative « Healthy Parks Healthy People (HPHP) ». Dans ce programme, des organisations associatives travaillent avec les professionnels de santé pour améliorer la santé de leurs parcs, et pour promouvoir l’utilisation des parcs en tant que moyen de regagner la santé pour les personnes qui y viennent.
Heureusement, la randonnée est l’un des sports les plus faciles et les moins chers, et c’est amusant et bénéfique pour toute la famille. Si vous êtes juste un débutant, n’envisagez pas l’ascension du Mont-Blanc ou le GR20 en Corse. Vous pouvez commencer par des petites marches. Découvrez les sentiers locaux de petite randonnée et assurez-vous d’entreprendre une distance sûre et confortable. Vous pouvez trouver des guides de randonnée par régions, ou en ligne, et il existe des applications smartphone pour vous aider à trouver les meilleurs sentiers pour votre niveau et vos intérêts.
Assurez-vous de porter des chaussures de randonnée robustes et appropriées pour le terrain. Lorsque vous les choisissez, n’hésitez pas à parcourir le magasin de long en large plusieurs fois afin d’éviter que les chaussures vous blessent par la suite. Selon les goûts, vous pouvez envisager des bâtons de marche, qui pour certains réduisent le stress sur les genoux, augmentent la vitesse et améliorent la stabilité. Prévoyez autant de vêtements que nécessaire selon la météo, et portez des vêtements aérés en tissus qui laissent la transpiration s’évacuer et permettent de rester au chaud. Utilisez des lunettes de soleil et un chapeau pour vous protéger du soleil. Restez hydraté et amusez-vous !

jueves, 6 de agosto de 2015

La marche c'est embrasser la vie, c'est une grande ondée de lumière !


Réflexions après une marche-pèlerinage :

Céliane Mimeault de Mont-Louis nous partage ses réflexions après avoir participé au pèlerinage Terre et Mer de Gaspésie-Les Îles en 2015. Cette belle aventure a rassemblé sur le côté nord de la Gaspésie plus de 150 participants-es venant de plusieurs régions du Québec et d'autres régions du Canada.

«Après sept ans (2009 à 2015) de pèlerinage en Gaspésie Les Îles, l'intensité d'une telle aventure transforme encore et même plus, ma vie. Je mets beaucoup d'efforts physiques, mais le plus important, c'est le rayonnement de toute ma démarche spirituelle dans ma vie de tous les jours. Il me reste à prendre le chemin qui mène au détachement de soi et de récolter les bienfaits dans la joie. Les rencontres avec les pèlerins badigeonnent ma vie de petits bonheurs et furtivement s'infiltrent toute l'année durant. Le silence en pleine nature et les conversations avec mon être de lumière m'invitent à siffloter ma joie d'être et mon espérance. »
 
La route nous influence pour comprendre notre destination :

 La route, ce sont tous les parfums changeants à chaque pas et se mélangeant les uns aux autres pour nous réconforter ;...

 La route, c’est une explosion de couleurs, d’odeur saline, du soleil embrassant le ciel qui nous ramène au pouvoir de l’authenticité ;


 La route, c’est la nature qui transcende avec sa beauté curative ;
La route, c’est une mélodie si belle qui nous emporte loin encore plus loin dans notre certitude de vivre dans la joie ; 


La route, c'est une invitation à la délivrance des douleurs et des tourments petits et grands et à ouvrir son cœur et son âme pour découvrir que le bonheur est en soi ;


 La route avec celui que j’appelle mon guide silencieux, mon rayon de lumière, mon point d’ancrage, mon fidèle compagnon, celui qui par sa musique danse avec moi et gonfle mon cœur de son amour.

Je n’ai pas encore terminé ma route. Je sais que je ferai sourire le Seigneur, si je continue à butiner au quotidien, à flotter dans l’étonnement, à planer dans mes rêves, à voler au septième ciel, à me nourrir de mes rencontres, à vibrer dans le dépouillement, à croire que je peux par ma bonté rendre le monde meilleur et à chanter sa gloire.
Céliane Mimeault de Mont-Louis
(Publié par Philippe de Gatineau sur la page Facebook Des Chemins qui Marchent)

miércoles, 22 de julio de 2015

Prière du pèlerin arrivant à Compostelle (en espagnol)


ORACIÓN DEL PEREGRINO  A SU LLEGADA A SANTIAGO


Aunque hubiera recorrido todos los caminos, cruzado montañas y valles desde Oriente hasta Occidente, si no he descubierto la libertad de ser yo mismo, no he llegado a ningún sitio.

Aunque hubiera compartido todos mis bienes con gentes de otra lengua y cultura, hecho amistad con peregrinos de mil senderos o compartido albergue con santos y príncipes, si no soy capaz de perdonar mañana a mi vecino, no he llegado a ningún sitio.


Aunque hubiera cargado mi mochila de principio a fin y esperado por cada peregrino necesitado de ánimo, o cedido mi cama a quien llegó después, y regalado mi botellín de agua a cambio de nada, si de regreso a mi casa y mi trabajo no soy capaz de crear fraternidad y poner alegría, paz y unidad, no he llegado a ningún sitio.


Aunque hubiera tenido comida y agua cada día, y disfrutado de techo y ducha todas las noches , o hubiera sido bien atendido de mis heridas si no he descubierto en todo ello el amor de Dios, no he llegado a ningún sitio.


Aunque hubiera visto todos los monumentos y contemplado las mejores puestas de sol, aunque hubiera aprendido un saludo en cada idioma, o probado el agua limpia de todas las fuentes, si no he descubierto quién es el autor de tanta belleza gratuita y tanta paz, no he llegado a ningún sitio.


Si a partir de hoy no sigo caminando en tus caminos buscando y viviendo según lo aprendido, si a partir de hoy no veo en cada persona, amigo y enemigo, un compañero de camino, si a partir de hoy no reconozco a Dios, el Dios de Jesús de Nazaret, como el único Dios de mi vida, no he llegado a ningún sitio.


http://caminosantiagoelpilarjerez.blogspot.com.es/p/oraciones.html

miércoles, 31 de diciembre de 2014

Je suis Alliance

Un sédentaire qui a besoin de maison
L'humain est un sédentaire qui a besoin de maison, qui a besoin d'ordre.
Mais il n'est pas que cela.
Il est aussi celui qui marche,
Il est aussi ce perpétuel insatisfait,
Ce perpétuel questionneur.
Par conséquent, le pèlerinage, le déplacement disent l'autre aspect de l'humain.
À mes yeux, ce que montrent les pèlerinages,
C'est l'impossibilité d'enfermer une définition de l'humain dans une seule situation, dans une seule culture, dans une seule manière de vivre. 
(Mgr Albert Rouet)

Dieu est-il droitier ou gaucher ?
L'Esprit est ce principe divin de contrariété qui, en empêchant la fusion aussi bien que la division, crée la communion. Il est cet éducateur intérieur qui contrarie nos habitudes droitières et nos singularités, les contraignant à aller là où naturellement elles ne voudraient pas aller. L'Esprit nous parle d'un Dieu qui est :
Aussi gaucher que droitier,,,,,
Aussi féminin que masculin,
Aussi miséricordieux que juste,
Aussi rédempteur que créateur,
Aussi intime que transcendant,
Aussi vulnérable que puissant,
D'un Dieu qui n'a pas trop de ses deux main pour embrasser la création.
(Robert Scholtus,  Petit christianisme d'insolence.)
"Nos vies sont autant de rivières qui vont se jeter dans la mer qu'est la mort" (Jorge Manrique)

L'heure est venue de s'en aller
Reprends ta route, reviens à la vie de tous les jours :
Tu n'es pas venu ici pour t'évader, mais pour te trouver reconfirmé dans l'engagement en faveur des hommes et des femmes avec lesquels tu vis, comme artisan de paix et de justice, artisan de communion et témoin de l'évangile là où tu vis, dans ta famille, dans ton milieu, dans ta communauté, dans ton travail ou tes études, dans ton repos et dans ton labeur !
Bonne route !

(Textes ramassés par Philippe de Gatineau)

lunes, 8 de diciembre de 2014

Je suis Cascade

" L'abîme appelle un autre abîme au fracas de tes cascades, toutes tes vagues et tous tes flots passent sur moi". (Psaume 41)


Réflexion : La cascade appelle l'arc-en-ciel
Tagore affirme que la cascade appelle l'arc-en-ciel, le reflet coloré qui représente la vie:
De chute en chute, elle roule, se répandant à tout instant en mille et mille courants, faisant siffler haut dans les airs écume sur écume. Mais avec quelle majesté, naissant de cette tempête, se recourbe la changeante durée de l'arc, aux couleurs variées, tantôt purement dessinée, tantôt se dissipant dans l'air, répandant alentour une fraîche et vaporeuse ondée. C'est ici le miroir de l'énergie humaine. Penses-y, et tu saisiras plus nettement : ce reflet coloré nous représente la vie.

Réflexion : Le jour nouveau pousse hier dans le passé
Le jour nouveau pousse hier dans le passé. Ainsi vont les jours, ainsi vont les ans et s'écoulent nos vies entre les rives du temps. Elle ne s'arrête pas sur les cailloux que la font danser ni dans les cascades qui la font rire, l'eau de nos vies descend toujours à la recherche des profondeurs. Ni dans les endroits calmes où elle médite et réfléchit le ciel. Vers quoi, vers qui s'écoulent nos instants ?

Si nous prenions le temps de regarder. Petite eau, regarde ce que tu donnes en t'en allant. L'eau qui s'arrête sur elle-même est une eau morte. Vois la rive et tout ce que tu rends fertile. Tu ne t'en vas pas vers l'océan de l'oubli, tu fais vivre, tu es lumière et fraîcheur. Les profondeurs vers lesquelles tu coules ne seraient-elles pas en toi-même ? (Robert Lebel)


(Textes  ramassés par Philippe de Gatineau)

martes, 11 de noviembre de 2014

Je suis Sentier

Les pieds pèlerins, purifiés par le feu des pas d'amour, se sont reliés entre eux par un fil de lumière visible que du ciel. (Ginette Phaneuf, Pèlerinage Terre et Mer)

S'il y a un salut, c'est dans la marche toujours plus avant. C'est une grande chose de ne pas savoir où reposer sa tête, si l'on porte au cœur la foi au Monde. (Teilhard de Chardin)

Puisse la route venir à ta rencontre,                  May the road rise to meet you,
Le vent être de ton côté,                                     May the wind be always at your back,
Le soleil te réchauffer doucement,                     May the sun shine warm upon your face,
Les pluies nourrir tes champs,                           May the rains fall soft upon your fields,
Et, jusqu'à ce qu'on se revoie,                              And, until we meet again,
Que ceux qui t'aiment là-haut veillent sur toi.  May God hold you in the hollow of His hand.
(Bénédiction irlandaise traditionnelle)                     (Traditional Irish blessing)

Réflexion Se mettre en route
Se mettre en route, c'est quitter l'immobilisme qui nous fige, c'est entrer en mouvement et mobiliser toutes ses énergies, celles du corps et celles du cœur, pour tendre vers un même but.

Se mettre en route, c'est créer l'harmonie entre les yeux et le regard, entre l'oreille et le son, entre les lèvres et la parole, c'est passer de la nuit à la lumière.

Se mettre en route, c'est choisir une direction et c'est partir ensemble afin de vivre, de vivre les retrouvailles, de vivre la rencontre.

Se mettre en route, c'est ne plus être seul, car c'est tout un peuple qui se met en mouvement, c'est tout un peuple qui se met en marche, c'est tout un peuple qui est en espérance, en attente d'une promesse inouïe.

Se mettre en route, c'est notre affaire, il y va de notre vie, de notre avenir. Oui, se mettre en route, c'est vraiment l'histoire d'un peuple. (Robert Ribert)

Réflexion Ô compagnon de voyage
Marcher, c'est te rencontrer, à chaque instant, ô Compagnon de voyage!
C'est chanter au bruit de tes pas !
Celui que ton souffle a touché ne vogue pas à l'abri du rivage. Il déploie au vent une voile agitée et navigue sur une eau tumultueuse.
Celui qui ouvre toute grande sa porte et en franchit le seuil reçoit ta salutation.
Il ne reste point à compter son gain ou s'apitoyer sur ses pertes; les battements de son cœur scandent sa marche; car tu chemines avec lui pas à pas, ô Compagnon de voyage ! (Tagore)

(Textes ramassés par Philippe de Gatineau)

miércoles, 8 de octubre de 2014

Je suis mer-Océan

La mer de Champlain est une ancienne mer salée aujourd'hui disparue qui couvrait, peu après la dernière glaciation, un espace allant de la région de la ville de Québec jusqu'à Kingston (Ontario).

Réflexions
Dieu est l'Océan qui collecte tous les courants spirituelles de l'univers. Il est quelqu'un, il a un visage et un coeur. La vie entière et la mort deviennent pour chacun de nous la découverte d'une divine et irresistible présence. (Pierre Teilhard de Chardin, 1933).

I was not sure where I was going, and I could not see what I would do when I got (there). But you saw further and clearer than I, and you opened the seas before my ship, whose track led me across the waters to a place I had never dreamed of, and which you were even then preparing to be my rescue and my shelter and my home. (Thomas Merton,  The Seven Storey Mountain)

Mon Dieu, je vous adore ; vous êtes en moi. Vous êtes en qui je suis plongé comme une petite éponge dans un océan sans borne, océan de la perfection, de beauté, de bonheur, d'amour, de sainteté divine qui me pénètre, sui me remplit, qui m'enveloppe. Je vous adore ô Dieu de mon coeur qui êtes en moi en qui je suis. (Charles de Foucault)

Océan sans fond
Trinité éternelle, océan sans fond,
pouvez-vous me donner davantage que de vous donner vous-même ?
Vous êtes le feu qui ne s'éteint jamais.
Vous êtes le feu qui consume tout amour-propre de l'âme, 
c'est à sa lumière que vous m'avez fait connaître votre Vérité !
Lumière au-dessus de  toute lumière.

L'océan sans rives
Encore aujourd'hui à 97 ans, le Saint-Laurent me parle toujours. Il me rappelle l'importance des rives de la vie. Plus proches sont les rives, mieux le courant roule et se déroule, et plus le chenal s'impose. Finalement, la récompense du fleuve et des rives, c'est l'Océan sans rives.
Océan-silence ! Le torrent a chanté toute sa vie. Arrivé à l'océan, il se dissout, il se tait. L'infini !
Le fleuve, comme un pays en devenir. Il passe, il devient, il désire la mer durable. Dans les changements de marée, il apprend le bien, le mal, la vérité de la vie.
En mer, je ne vois plus les rives. Je suis seul, fragile. Certains jours, le vent est si fort que j'ai l'impression d'un danger final. J'ai peur.
Aujourd'hui, cependant, la mer est devenue pour moi comme un lac divin, une étendue mystique. À la fois clôture et cloître. L'expérience du fleuve qui se déroule face aux Laurentides impassibles fut pour moi une première expérience spirituelle. Elle l'est encore aujourd'hui. (Benoît Lacroix)


Prière Tu es l'Océan ; je suis l'Outaouais
Dieu, tu es l'Océan, je suis l'Outaouais
Tu es l'Être, j'existe
Tu es soleil, je suis ombre
Tu es toujours, je suis de l'instant
Au revoir, à demain matin, si tu le veux bien !

(Textes ramassés par Philippe de Gatineau)

viernes, 22 de agosto de 2014

Je suis Colline

Des hauts lieux d'intériorité
De tout temps et dans plusieurs pays comme l'Inde ou le Madagascar, les hauts-lieux comme la montagne mais aussi la colline sont des points de contact avec le divin, voire de révélation du visage de Dieu. On n'a qu'à penser à Jérusalem, bâtie sur une colline; d'ou l'idée de monter à Jérusalem.
Au Québec, l'oratoire Saint-Joseph et plusieurs de nos églises sont construites sur des collines.

Je suis colline signifie que chacun, chacune de nous est aussi un haut lieu de spiritualité. Constamment, nous avons à déprendre notre route intérieure pour monter vers ce sanctuaire vivant qui est pour nous un grand livre de lumière.

Dans son Cantique spirituel, au XVè siècle, Jean de la Croix place là haut sur les collines la rencontre entre l'âme et l'époux, entre le croyant et son Dieu. Son style s'inspire du cantique des cantiques :
Bergers qui monterez,
Là-haut sur les collines, aux bergeries,
Si par hasard voyez
Celui que j'aime tant,
Dites-lui que je languis, peine et meurs.
Recherchant mes amours,
Je m'en irai par monts et par rivages,
Ni cueillerai les fleurs
Ni ne craindrai les fauves
Et passerai les forts et les frontières ... 
(Jean de la Croix)

Prière Ralentis mes pas
Ralentis mes pas, Seigneur.
Calme les battements de mon coeur
En tranquillisant mon esprit.
Freine ma marche par la vision de l'infini du temps.
Accorde-moi, dans la confusion de la journée,
Le calme des collines éternelles.
Brise la tension de mes nerfs
Avec la musique apaisante des rivières
Qui chante dans mon souvenir.
Apprends-moi l'art de prendre des vacances-minutes
Pour admirer une fleur
Bavarder avec un vieil ami ou en faire un nouveau ...
Rappelle-moi chaque jour
Que la course n'est pas toujours au plus pressé,
Et que vivre mieux n'est pas vivre plus vite.
(Charles Delhez)

A hiking prayer

Lord Jesus,
Help me to be straightforward like the sky-seeking redwood tree.
May my generosity be like the sap which ascends and nourishes.
May my soul be clear like the spring water at its origin.
May my will be like the faultless granite.
May You be always throughout my life a constant companion.
May the cross which rises at the crossroads be for me like the meeting of a friend.
Amen

(Textes ramassés par Philippe de Gatineau)

lunes, 21 de julio de 2014

Je suis Rivière Souterraine

Je suis rivière souterraine

Une légende hindoue raconte qu'il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahmâ, seigneur de toutes les créatures, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette.

Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent : Enterrons la divinité de l'homme dans la terre. - Non, répondit Brahmâ, cela ne suffit pas, car l'homme creusera et la trouvera.

Alors les dieux répliquèrent : Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans. - Non, dit de nouveau Brahmâ, car tôt ou tard l'homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu'un jour, il trouvera et la remontera à la surface.

Alors les dieux conclurent : Il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer de lieu que l'homme ne puisse atteindre un jour. À quoi Brahmâ répondit : Voici ce que nous ferons de la divinité de l'homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même; c'est en effet le seul où il ne pensera jamais à la chercher.

Depuis ce temps-là, conclut la légende, l'homme a fait le tour de la terre, il a fouillé le sol, il a exploré les astres et creusé à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui. (Tagore)

Son jardin secret
Il y a quelque part, mystérieusement, au plus intime de soi, un jardin secret. Un jardin secret pour intérioriser sa vie, pour l'habiter, l'enraciner, capter les sucs et les sources de sa terre et pour patiemment éclore, fleurir, mûrir et porter fruit.

Un jardin secret pour se ressourcer, se ré-inspirer, rebondir en confiance, repartir à neuf et en neuf, pour réenchanter sa vie, retrouver la joie et le goût de vivre, d'aimer, de lutter et d'espérer. Pour découvrir de nouvelles harmonies avec nos cordes les plus sensibles du coeur et de l'âme.

Un jardin secret où l'on peut se retirer au moment des coups durs, des épreuves, des mauvaises passes.

C'est dans son jardin secret qu'on se parle à soi-même avec plus de vérité et qu'on poursuit le dialogue avec les êtres que l'on aime et qui nous aiment. (Jacques Grand'maison)

Prière : La rivière et le fleuve
Seigneur, tu m'as façonné à travers les méandres de ma vie. Telle une rivière, ma vie a creusé son lit sur la terre des humains. Suis-je arrivé au fleuve pour m'y mêler, pour m'y fondre ?
Tu es le Fleuve, je suis la rivière. Tu m'attires et me glisse en toi un peu plus chaque jour. Pour toujours. Amen. (Jules Beaulac)

(Textes ramassés par Philippe de Gatineau)

lunes, 7 de julio de 2014

Je suis Mémoire

"Quelle force dans la mémoire ! C'est un je ne sais quoi, digne d'inspirer un effroi sacré, ô mon Dieu, que sa profondeur, son infinie multiplicité ! Et cela c'est mon esprit; et cela, c'est moi-même ! Que suis-je donc, ô mon Dieu ? Quelle est mon essence ? Une vie variée, multiforme, d'une immensité prodigieuse.
Voyez, il y a dans ma mémoire des champs, des antres, des cavernes innombrables, peuplées à l'infini d'innombrables choses de toute espèce, qui y habitent, soit en images seulement, comme pour les corps; soit en elles-mêmes, comme pour les sciences; soit sous forme de je ne sais pas quelles notions ou notations, comme pour les affections de l'âme, que la mémoire retient, alors même que l'âme ne les éprouve plus, quoiqu'il n'y a rien dans la mémoire qui ne soit dans l'esprit.

À travers tout ce domaine, je cours de ci de là, je vole d'un côté puis de l'autre, je m'enfonce aussi loin que je peux : de limites nulle part ! Tant est grande la puissance de la mémoire, tant est grande la puissance de la vie chez l'homme ! " (Saint-Augustin, Conf. X.17)

L'homme, pour être heureux et surtout digne de sa condition, a besoin de cultiver son pays intérieur, en s'abreuvant à la fois de ce qui le précède et de ce qui le depasse. (Gilles Vigneault)

Quant on aime la vie, on aime le passé parce qu'il est le présent tel qu'il a survécu dans la mémoire humaine. (Marguerite Yourcenar)

Il n'y a rien de plus original que d'assumer l'héritage qui nous habite de toute façon pour créer quelque chose de neug et d'inédit. (Maurice Bellet)

Fondamentalement, nous sommes comme un arbre qui vit par ses racines. Sans racines, pas de vie. Les racines ne font pas de bruit, ne se voient pas. Elles affleurent de temps en temps, mais ce sont elles qui font vivre l'arbre. (Marie-David Giraud)

Où est cette mémoire ?
"Un phéomène qui reste mysterieux en moi et chez les autres, est la faculté d'oublier les impressions d'une nuit de bombardement. À peine quelques minutes après, tout ce qu'on vient de penser est comme emporté par le vent.
Pour Luther, un coup de foudre suffisait à changer l'orientations de sa vie entière pour de longues années. Où est cette mémoire de nos jours ?
La perte de cette "mémoire morale" -quel mot atroce- n'est-elle pas la raison de la ruine de toutes nos attaches à autrui: amour, mariage, amitié et fidelité ? Rien ne tient, rien n'est fixe. Tout est à court terme et à brève portée. Mais les manifestations de la justice, de la vérité, de la beauté, bref toutes les grandes actions ont besoin de beaucoup de temps, de stabilité, de "mémoire" au risque de dégénerer. Celui qui n'a pas l'intention de répondre d'un passé et de façonner un avenir, n'a pas de mémoire et j'ignore comment on peut saisir un tel personnage, le rendre conscient et le forcer à vous faire face. Car chaque parole, si elle l'impressionne au moment même est vouée à l'oubli. (Dietrich Bonhoffer)

(Textes ramassés par Philippe de Gatineau)

viernes, 20 de junio de 2014

Je suis Terre Fertile

Je suis Terre Fertile

"Le Seigneur prépare pour tous les peuples sur cette montagne, un festin de viandes grasses, un festin de bons vins" (Isaïe 25,6)

Je vous invite à ne pas partir que pour mieux rentrer en vous-mêmes. Et si même vous ne partez pas, il est possible de trouver votre terre intérieure. Qui que vous soyez, quelle que soit votre peine ou votre solitude, il y a des instants heureux pour vous : des chemins, des ruisseaux, des quartiers de votre ville, la mer qui invite à la sérénité, la montagne qui dit : "redresse-toi".   (Jean Sulivan)

Je regarde, j'écoute, je goûte et je célèbre la nature en dehors de toute notion du temps. C'est comme se laisser traverser par le temps, lâcher prise; ici, rien ne m'oblige à maîtriser le temps. Humer ces bouffées de grâce en revenant au plaisir de l'essentiel; j'aime d'être... C'est dans la contemplation et le silence que j'avance dans ma quête spirituelle et dans mon parcours vers la simplicité. (Céliane, pèleringe, Mont-Louis)

Les pèlerins ne sont ni des randonneurs ni des touristes : ils n'achètent rien; ils n'emportent rien; ils passent en traçant un sillon éphémère dans l'imagination des sédentaires ... Ils ne servent à rien sinon de relais mobiles à leurs messages pour le ciel. (Alix de St-André)

Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle mais des êtres spiritueles vivant une expérience humaine. (Pierre Teilhard de Chardin)

Celui qui marche fait l'expérience de sa marche comme mutation et de son chemin comme mouvement continuel dans lequel il est pris lui-même. Il ne peut pas s'en tenir à l'écart. Il s'engage dans une évolution intérieure, dans une voie qui le contraint finalement à Dieu, devant qui nous ne pouvons jamais arrêter de progresser, vers qui nous sommes toujours en chemin. (Anselme Grün)

Souvent, il m'arrivait le soir, au cours des premiers jours de cette longue marche, de contempler mes pieds avec étonnement : c'est avec ça, me disais-je, que nous marchons depuis l'aube des temps et que nous arpentons la terre. (Jacques Lacarrière)

Mon grand-père, Wawaté, me disait : Tu marches dans une forêt touffue. Ton sentier serpente entre les arbres. Tes mocassins foulent la Terre-Mère. Tu respires le vent sacré du Grand Créateur. Quand tu trouveras devant une montagne, ne t'arrête pas à son pied. C'est dans le portage qui mène au sommet qu'un homme se découvre. Tu ne dois t'arrêter que là-haut, là où plus rien n'obstrue ta vue et ta pensée, et remercier le Grand Créateur de toutes choses pour toutes les beautés qu'il nous donne. C'est ainsi que tu apprendras à marcher ta vie. (Michel Noel, Le Kitchimanitou)

Pèleriner, c'est marcher,
Pèleriner, c'est prier,
Pèleriner, c'est prier en marchant.

(Textes ramassés par Philippe de Gatineau)

sábado, 24 de mayo de 2014

Je suis Chemin qui se cherche

C'est que vos pensées ne sont pas mes pensées et mes chemins ne sont pas vos chemins, dit le Seigneur (Isaïe 55, 8-9)

Derrière chaque religion, il y a l'homme de tous les temps et de toutes les civilisations... Le pèlerinage, la procession, la flamme des cierges, le jeûne et la prière, mais aussi le chant et la fête dépassent et transcendent toutes les confessions. L'homme a besoin de rites; et ces liturgies lui permettent d'entrer dans l'espace du sacré, lequel sera toujours situé au-delà de l'enclos de la science. Cet espace du sacré est le lieu où l'homme rencontre plus grand que lui et retrouve à la fois l'ordre universel et des raisons de vivre. (Jean Delumeau)

Il n'y a pas un coin de cette terre qui ne soit sacré. Une aiguille de pin qui scintille, un rivage sablonneux, une brume légère, tout est sain aux yeux et dans la mémoire de ceux de mon peuple... Nous faisons partie de la terre et elle fait partie de nous. Les fleurs qui sentent si bon sont nos soeurs, les cerfs, les chevaux, les grands aigles sont nos frères; les crêtes rocailleuses, l'humidité des prairies, la chaleur du corps des poneys et l'homme appartiennent à la même famille. (Le Chef amérindien Seattle)

Les rivières sont des chemins qui marchent, et qui portent où l'on veut aller. (Blaise Pascal, Pensées, 1670)

La marche nous apprend à vivre léger. C'est vrai matériellement, c'est vrai aussi psychologiquement. Celui qui marche, qui va de l'avant, doit laisser un certain nombre de concepts, d'images, de croyances, de représentations et avancer du connu vers l'inconnu... Ce n'est pas toujours facile. Je pense à cette grande parole dite à Abraham : Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, pour le pays que je t'indiquerai. Va, va vers toi-même. Quitter le connu, ce à quoi nous sommes attachés, pour découvrir cet inconnu que nous sommes, c'est quelquefois passer par un désert, par la nudité, par le dépouillement. D'un point de vue spirituel, le chemin nous apprend à passer des vérités qu'on a vers la vérité qu'on est. (Jean-Yves LeLoup, l'Assise et la marche, Albin Michel, 2001, p.76)

Ce qui est demandé au chemin c'est de nous conduire au bout de lui-même... Chacun de nous est un chemin, ce qui est demandé à l'un n'est pas demandé à l'autre. On ne demande pas à un pommier de donner des figues. La seule chose qui nous est demandée et que demande la Vie en nous est de produire nos propres fruits, les fruits de notre propre sève, le chant de notre propre coeur, la marche de notre propre vie. À chacun de révéler cette forme particulière que prend l'Être, la Vie en lui. En marche. Idem, p.93.


(Textes ramassés par Philippe de Gatineau)

viernes, 2 de mayo de 2014

Je suis Argile de la Création

Comme une bonne partie des terres du Québec, la région de Notre-Dame-de La Salette repose sur de l'argile grise (l'argile sensible du Québec) qui se liquéfie facilement au contact de l'eau. Cette région a connu de nombreux glissements de terrain. Pas étonnant qu'un des grands lacs de la région s'appelle le "Lac de l'Argile".

L'argile dont il est question dans la Bible est celle qui, mêlée de sable ou de calcaire, peut être façonnée par les potiers. Elle compare le Dieu créateur au potier et l'homme à un vase d'argile. Le mot "Adam" désigne le genre humain qui a été créé par Dieu "homme et femme"; le premier récit de la création fait le rapprochement entre ce nom (Adam) et le sol glaiseux : l'origine de l'humain est donc la glaise du sol (Gn 2,7).

La terre d'argile est employée pour tourner, pour façonner le vase,
mais c'est de son vide que dépend son usage ...

Des bois fins, secs et choisis ont participé à la construction du violon, du violoncelle,
mais c'est leur vide qui permet à la musique de résonner, de s'envoler entre soupirs, pauses et silences.

Cherche au fond de toi les espaces de vide, les espaces de silence, les espaces d'envie qui te permettront de remplir ta vie. (Jean Humenry)

Nous ne sommes pas séparés du silence, comme nous le croyons parfois, par le bruit dehors, mais uniquement par le bruit dedans. Le contraire du silence n'est pas le bruit, mais tout ce qui nous sépare de nous-mêmes, car ce n'est jamais le silence que j'entends, je m'écoute entendre le silence. (Christiane Singer)

Ma tête soliloque sous la semelle de mes bottes/
Quand elles se frottent au pavé des ruelles/
On m'a dit que le doute, c'est le Bon Dieu qui clignote/
Ma foi est fébrile comme une chandelle/
La foule est ventriloque, à couvert on chuchote/
C'est dans la pénombre que la lumière est belle. (Fred Pellerin)

Je suis de Glaise, Tu es de Souffle.
Je suis de Cendres, Tu es de Braises.
Je suis de miettes, Tu es de Pain.
Je suis de Larmes, Tu es de Sources.
Je suis d'Impasses, Tu es de Chemins.
Je suis d'Absences, Tu es de Veilles.
Je suis de Houle, Tu es de Paix.
Viens rouler la Pierre, De mes enfermements.
Que ta vie, enfin, Traverse de Toi à Moi. (Francine Carrillo, Revue Prier)


(Textes ramassés par Philippe de Gatineau)

martes, 15 de abril de 2014

Je suis des Eaux Agitées

Symbole ambivalent, l'eau peut aussi détruire et entraîner la mort: ainsi les eaux du Déluge. La mer, les lacs, les grands étendues d'eau effrayaient les Juifs, qui n'avaient pas la vocation maritime comme certains peuples voisins. On redoute les tempêtes, les naufrages, les raz-de-marée.

Dans le Christianisme, l'eau du baptême est symbole de renouveau: plongé dans l'eau, le vieil homme ressort des eaux un homme nouveau.

Alors, s'étant levé, il menaça les vents et la mer, et il se fit un grand calme. (Mt 8; 26)

En ce moment, tu es peut-être au milieu de tes propres eaux agitées. Tu peux te sentir dépasser par une épreuve ou un événement qui menace de te consumer. Tu dois comprendre au travers les exemples bibliques que Dieu ne calme pas toujours les eaux déchaînées. Il ne contient pas toujours les flots et il n'éteint pas toujours les feux. Mais il promet ceci : Je marcherai avec toi au travers de toutes ces choses. Cette épreuve ou circonstance ne te détruira pas. Elle ne te consumera pas. Alors, marche. Tu arriveras de l'autre côté, avec moi auprès de toi.
Ottawa River (Gatineau-Ottawa, Canada)
Je te ferai toujours confiance, même quand j'aurai l'impression que je me suis perdu et que je marche à l'ombre de la mort. Je n'aurai nulle crainte car tu es toujours avec moi et jamais tu ne me laisseras seul dans le péril. (Thomas Merton)

Dans quelques années, je ne serai plus là, j'ai cherché à accomplir ce que je devais accomplir en donnant ce que j'ai reçu, et en laissant à d'autres le goût de continuer à chercher le sens de la vie, à oeuvrer pour que tous, hommes et femmes, deviennent plus libres et connaissent un vrai bonheur. (Jean Vanier)

(Textes ramassés par Philippe de Gatineau)

sábado, 29 de marzo de 2014

Je suis des Eaux Calmes

Les eaux calmes sont un symbole universel de vie et de pureté. Le récit de la création dans la Genèse souligne qu'un vent de Dieu tournoyait sur les eaux (Gn 1,2).

Bien que nécessaire à la vie quotidienne, l'eau dans la Bible est rare et il faut creuser des puits et des citernes pour recueillir l'eau de pluie et construire des systèmes d'irrigation. Dans le récit de l'Exode, grâce à son bâton, Moise fait surgir l'eau du rocher pour que le peuple boive et continue sa marche (Ex 17).

Étant la vie sous toutes ses formes, l'eau joue un rôle de guérison des maladies. Dans le récit de la Samaritaine, la source d'eau symbolise le jaillissement de la vie divine.

Viens, cresson un puits...
Depuis qu'un jour il m'a demandé, tout à fait à l'improviste de lui apprendre à prier, Mohammed a pris l'habitude de s'entretenir avec moi. C'est un voisin. Nous avons ainsi une longue histoire de partage...

Un jour, il trouva la formule pour demander un rendez-vous: Pour creuser notre puits!
Une fois, par mode de plaisanterie, je lui posai la question: Qu'est-ce que nous allons trouver? De l'eau musulmane ou de l'eau chrétienne?

Il m'a regardé, mi-rieur, mi-chagriné: Nous marchons ensemble et tu me poses cette question! Tu sais, au fond de ce puits-là, ce que je trouve c'est l'eau de Dieu! (Frère Christian de Chergé, un des moines  à Thibérine en Algérie en 1996)

La mer n'est pas Dieu, Je le sais bien.
Dieu est au-delà de la mer.
Mais quand je regarde l'immensité des flots, le reflux de la vague et la marée montante,
Quand les crêtes se brisent en une longue lame blanche,
Quand le regard se perd dans le bleu du ciel et de l'eau,
Quand le bleu de l'eau est si dense que le ciel semble blanc,
Il m'arrive de te chercher au-delà de la mer, 
Comme si mon coeur était en partance
Au-delà de moi-même et du temps. 
(André Beauchamp, Vivre sa vie comme un chant, La mer n'est pas Dieu, p.83)

(Textes ramassés par Philippe de Gatineau)

miércoles, 12 de marzo de 2014

Je suis Rocher

Je suis Rocher

Le rocher est un symbole de sécurité et de solidarité: Qui est Rocher sinon Dieu? (Ps 18:32)

Crois-en mon expérience: tu trouveras quelque chose de plus dans les bois que dans les livres. Les arbres et les rochers t'enseigneront ce que tu ne pourrais apprendre des plus grands maîtres. (Saint-Bernard)

La montagne est à la fois symbole d'élévation au-dessus des faiblesse terrestres et de puissance en raison des dangers qu'elle oppose à ceux qui veulent la gravir.
Le rocher accentue la métaphore  de la montagne car il en soulève la pierre vers le ciel et c'est pourquoi il est un symbole de la rencontre avec le Tout Autre.

Eternel, mon rocher, ma forteresse, mon libérateur! Mon Dieu, mon rocher, où je trouve un abri! Mon bouclier, la force qui me sauve, ma haute retraite! (Psaume 18:3)

Dans la Bible le rocher est fertile: il engendre la vie et les humains: Regardez vers le rocher d'où vous avez été tirés (Isaïe 51:1)

Le roc du Québec recèle encore aujourd'hui plein de richesses minières.

(Textes rassemblés par  Philippe de Gatineau)

martes, 25 de febrero de 2014

Je suis Arbre, je suis Forêt

Je suis arbre, je suis forêt.


L'arbre est le symbole de la puissance, de la grandeur de personne humaine, d'un peuple, d'une ville, du Royaume de Dieu.

Le thème de l'arbre appartient d'abord à l'imaginaire du paradis, lieu de bonheur planté d'arbres aux fruits savoureux.

Heureux l'homme qui se plaît dans la loi du Seigneur... Il est comme un arbre planté auprès des cours d'eau: ... jamais son feuillage ne sèche. (Psaume 1)

Pourquoi t'échappes-tu sans cesse dans la forêt ?
Je cherche Dieu, dit l'enfant.
Mais, dit le père, Dieu n'est-il partout ? Dieu n'est-il partout le même ?
Oui, dit l'enfant, Dieu est partout le même. Mais moi, je ne suis pas le même partout. 
(Rabbi Yaakou-Vitzhak)

N'oublions pas que ce n'est pas la longueur de ses branches, mais la profondeur et la santé de ses racines qui font la vigueur d'un arbre. (Gustave Thibon)

Devenir des arbres qui existent silencieusement dans l'obscurité et qui par leur présence vitale purifient l'air. (Thomas Merton)

Lorsqu'on regarde les arbres, ils se mettent à parler. ... À travers la floraison de la vie, la maturité de l'été, les fruits de l'automne et le déclin de l'hiver, l'arbre raconte le mystère de la vie. (Jean-Paul II)

Vous avez l'hiver et le printemps, vous êtes l'arbre en sommeil et en fleurs; jouez pour Dieu des branches et du vent. Jouez pour Dieu des racines cachées. (Patrice de la Tour du Pin)

C'est le travail souterrain des racines qui donne au tronc de s'élever vers le ciel et de grandir vers la lumière. (Arnaud Favart)


(Textes ramassés par Philippe de Gatineau)